Retraite : comment préparer sa retraite avec un salaire de 5000 euros brut ?

5 000 euros brut par mois : derrière ce chiffre, une réalité moins dorée qu’il n’y paraît pour qui pense que hauts revenus riment toujours avec retraite généreuse. Le calcul de la pension réserve quelques surprises, surtout pour celles et ceux qui s’approchent du plafond de la Sécurité sociale sans pour autant le franchir largement.

Le montant perçu à la retraite découle principalement du nombre de trimestres validés et du salaire moyen retenu sur les 25 meilleures années pour un salarié du privé. Avec un salaire brut mensuel de 5 000 euros, on atteint sans difficulté le plafond annuel de la Sécurité sociale. Résultat : la retraite de base ne couvre qu’une part bien moindre que ce que l’on imagine.

Dans ce contexte, la retraite complémentaire s’impose comme la véritable clef de voûte. Elle comble partiellement l’écart, mais rester proche du salaire d’activité à la retraite relève souvent du parcours du combattant. Entre la différence brut-net, le poids des prélèvements sociaux et la fiscalité, le montant théorique affiché finit rarement par atterrir, inchangé, sur votre compte bancaire.

Ce que change un salaire de 5 000 euros net pour la retraite

Toucher 5 000 euros net chaque mois vous place parmi les revenus élevés. Pourtant, passé le cap de la Sécurité sociale, cotiser davantage ne bonifie ni la retraite de base, ni le taux de remplacement qui en résulte. C’est alors au régime complémentaire de prendre le relais et d’absorber le surplus.

Le salaire annuel moyen utilisé pour calculer la pension de base reste plafonné. Tout versement dépassant ce plafond alimente uniquement la complémentaire, qui fonctionne sur un système de points. Conséquence directe : plus le salaire grimpe, plus le ratio entre la pension et le dernier salaire se réduit. Ce « décrochage » peut surprendre, et creuse le fossé entre la vie active et la retraite.

La fiscalité n’arrange rien : CSG, CRDS, CASA s’appliquent dès la première pension versée et leur taux varie selon le revenu fiscal de référence. Pour les plus hauts revenus, la CSG culmine. Le cumul avec l’impôt sur le revenu laisse rarement le montant net épargné. On ne navigue donc pas à vue : mieux vaut préparer son plan de route.

Différents leviers permettent de conserver la maîtrise de son dossier retraite :

  • Durée d’assurance : valider chaque trimestre pour éviter les décotes ou pénalités.
  • Âge de départ : reporter son départ améliore la pension via des surcotes et limite la baisse du taux de remplacement.
  • Estimation du montant : utiliser un simulateur fiable et actualiser dès chaque changement professionnel.

Comment est calculée la pension avec ce niveau de revenu ?

Deux fondations: d’abord, le régime général (retraite de base) calcule la pension sur le salaire moyen plafonné (46 368 euros en 2024). Les rémunérations supérieures ne sont pas retenues. Une pension à taux plein exige tous les trimestres requis, sous peine de subir une minoration. La moindre interruption ou un départ précoce impactent le montant final.

La seconde fondation, la retraite complémentaire, attribue des points sur la base du salaire soumis à cotisation. Plus le salaire dépasse le plafond, plus nombre de points grimpe. Lors du départ, la somme de points multipliée par leur valeur donne la pension complémentaire. Ce système s’impose pour tous salariés du secteur privé, en particulier ceux dont la rémunération dépasse, parfois très largement, le plafond de la Sécurité sociale.

L’ensemble des dispositifs se cumule : retraite de base, complémentaire, majorations éventuelles (enfants, surcote pour activité prolongée). Un tableau récapitulatif fourni par les simulateurs officiels donne une vue d’ensemble précise. Âge de départ, nombre de trimestres, choix de carrière : tous ces paramètres orientent la trajectoire du montant final. Garder un œil sur chacun d’eux aide à limiter les mauvaises surprises.

Régimes de base et complémentaires : comprendre les mécanismes essentiels

Pour un salarié du privé, la retraite repose systématiquement sur deux étages. D’abord le régime général, piloté par la CNAV, qui sert de socle commun. Ce socle, à financement par répartition, ne prend les salaires en compte que jusqu’au plafond de la Sécurité sociale. Les sursalaires n’augmentent pas la base.

La suite se joue avec le système complémentaire, qui transforme chaque euro excédentaire en points. Ceux-ci sont ensuite convertis en pension complémentaire à la fin de la carrière. À ce niveau de revenu, le complémentaire prend une ampleur majeure : il peut former la moitié, parfois plus, de la pension globale.

D’autres régimes existent selon le statut : régimes spéciaux, caisse des agriculteurs, régime des indépendants, fonction publique, etc. Chacun développe son propre règlement de durée d’assurance, d’acquisition des droits ou de prise en compte du chômage et de la maladie. D’où des pensions très différentes d’un parcours à l’autre, même pour des montants de revenus similaires.

Femme d

Conseils pratiques pour anticiper et optimiser sa retraite dès aujourd’hui

La première étape : établir un diagnostic précis de vos droits acquis. Un simulateur de retraite permet d’estimer votre futur niveau de pension, en tenant compte des variations de carrière et de la durée d’assurance. Ces données éclairent sur la nécessité d’ajuster certains choix professionnels ou de tenter, par exemple, de repousser son départ.

Diversifier son épargne complète la démarche. Ouvrir un Plan d’Épargne Retraite (PER) permet de bénéficier de déductions fiscales, tout en constituant un capital à terme. L’assurance vie demeure aussi une bonne solution, tant pour la constitution de revenus complémentaires que pour anticiper la transmission.

Quelques autres pistes à considérer pour mettre son argent au service de ses projets :

  • Le PEA, qui donne accès à l’investissement en actions européennes,
  • Les SCPI, utiles pour mutualiser des placements immobiliers et répartir les risques,
  • Le livret d’épargne, toujours incontournable en cas de coup dur.

L’équilibre entre rentabilité, protection du capital et disponibilité varie selon les objectifs et le niveau de risque accepté. S’informer régulièrement, arbitrer ses placements, surveiller les effets de l’inflation : ces réflexes s’avèreront vite payants.

Une vigilance accrue sur les relevés de carrière est aussi recommandée : chaque trimestre, chaque période validée compte pour maximiser ses droits. Contrôler les impacts des prélèvements sociaux, notamment la CSG, sur le montant net de la pension, évite les mauvaises surprises. Prévoir, c’est donner corps à ses envies plutôt que les laisser s’éroder.

Anticiper sa retraite avec 5 000 euros brut, c’est se donner toutes les chances pour décider, demain, de son mode de vie, et non de s’y plier par contrainte. Ceux qui s’y prennent tôt gardent les cartes en main, même quand l’incertitude s’invite au tableau.

D'autres articles sur le site