Quand les chats s’invitent dans le métro de Londres

Certaines personnes prédisent avec folie que les chats veulent prendre le contrôle du monde. Auraient-ils commencé par le métro de Londres ?

Théorie farfelue, sans doute, mais les faits sont là : les chats ont envahi, le temps d’une quinzaine, les murs du métro londonien. Dans la station de Clapham Common, au sud de la ville, chaque recoin publicitaire s’est transformé en terrain de jeu félin grâce à une opération baptisée Citizens advertising takeover service. Oubliez les réclames criardes et les offres limités ; cette fois, ce sont des affiches et stickers de chat qui s’étalaient sur les panneaux, de l’entrée jusqu’aux quais.

Le 12 septembre 2016, la station s’est réveillée métamorphosée. Pendant deux semaines, le collectif d’artistes Glimpse, épaulé par un bataillon de contributeurs, a bousculé l’ordre publicitaire. L’opération, baptisée ‘Citizens advertising takeover service’ (à traduire par « Service des citoyens qui veulent prendre le contrôle de la publicité »), n’aurait jamais vu le jour sans une campagne de financement participatif. Plus de 23 000 £, l’équivalent de 27 000 €, ont été réunis pour payer les affiches et racheter tous les espaces commerciaux de la station. Derrière ce projet, près de 700 personnes séduites par l’idée d’un métro transformé en royaume des félins, loin des slogans de consommation ordinaire.

Comprendre l’engouement pour cette acte militant

Comment expliquer un tel enthousiasme autour d’une opération aussi singulière ? James Turner, fondateur de Glimpse, résume l’esprit du projet : « Nous avons essayé d’imaginer un monde où l’espace public vous fait vous sentir bien. Nous espérons que les gens vont apprécier leur passage dans la station et qu’ils verront un peu différemment le monde qui les entoure. Au lieu de demander aux gens d’acheter quelque chose, nous leur demandons de penser à ce qui compte vraiment dans leur vie. Ce ne sont peut-être pas les chats, mais c’est sûrement quelque chose d’introuvable dans les magasins. »

Turner poursuit, comme une provocation douce : « Nous voulons vivre dans un monde où les amis et les expériences partagées valent mieux qu’un objet de plus. » Derrière ces mots, une conviction partagée par de nombreux Londoniens qui, en croisant ces regards de chat sur les quais, ont pu s’interroger sur le sens et la valeur de la publicité omniprésente.

Cette histoire m’a été transmise par Laurent, un véritable passionné de félins. Pour découvrir d’autres récits de chats, direction univers-chat.com : un site où le chat est roi, et où chaque anecdote vient griffer, à sa manière, la routine du quotidien.

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